Haute autorité de santé : une réponse mitigée sur l'usage de l'e-cigarette

« La cigarette électronique n'est pas recommandée à ce jour, mais son utilisation n'est pas découragée ».

Voilà l'avis qu'a émis la HAS le 21 janvier 2014, sur la question de l'intégration de l'e-cig dans la trousse médicale de la lutte contre le tabagisme.

E-cigarette Haute autorité de santé

Une réponse et des chiffres

Rappelant avoir pris connaissance du rapport britannique du Public Health England, qui révélait que l'e-cig est 95% moins nocive que le tabac, le collège décisionnaire indiquait toutefois que « les données de la littérature sur l'efficacité et l'innocuité de l'e-cig sont encore insuffisantes pour la recommander dans le sevrage ».

Pour plus de 120 médecins et professionnels de tabacologie, cet avis est perçu comme une profonde méconnaissance du potentiel de l'e-cig dans la lutte contre la dépendance aux clopes traditionnelles et ne tend qu'à conforter l'idée selon laquelle si l'e-cig est si sévèrement prohibée, c'est tout simplement parce que fumer est par définition une action nocive.

À cette réponse mitigée, s'ajoute le récent projet de la loi de santé portant sur l'usage de l'e-cig dans les lieux publics ou à usage collectif sans ouverture.

Qui est la Haute autorité de santé ?

Créée par la loi française du 13 août 2004, la HAS est une administration publique à caractère scientifique dont la principale mission consiste à réguler le système sanitaire par l'évaluation et l'amélioration des pratiques professionnelles de santé publique.

Elle possède un statut juridique de tutelle publique totalement indépendant de celui du Ministère de la Santé, s'intéresse aux questions sur l'e-cig, mais également sur celles de l'assistance médicale, l'information du public ou l'accréditation des praticiens de certaines disciplines de la médecine.

HAS : quel bilan face au tabac ?

En France, le tabac réduit l'espérance de vie d'environ 25 ans. Selon les chiffres de l'administration, 97% des usagers qui essayent de se libérer de leur dépendance échouent. Or, ces données statistiques ont été soigneusement empruntées à une enquête réalisée en 1991 sur 106 fumeurs dont le traitement pour se sevrer était pratiqué par la consommation de gommes à la nicotine, sur une durée de six mois.

L'étude révélait que plus la gomme était coûteuse, moins les sujets s'engageaient à suivre le traitement ce qui, à long terme, faisait croître le taux d'abandon. Pour les médecins, les conclusions étaient évidentes, il fallait simplement que l'administration des gommes soit financièrement prise en charge, ce qui reviendrait à désigner qui doit rembourser la cigarette électronique utilisée par chaque vapoteur désireux de mettre un terme à sa dépendance.

Les propositions de l'administration pour se sevrer

En attendant de statuer sur l'efficacité et l'innocuité de l'e-cig par la mise en place d'une série d'études cliniques et observationnelles, l'administration sanitaire recommande et privilégie en premier recours des substituts nicotiniques comme moyen de lutte contre la dépendance tabagique. C'est le cas par exemple de la prise de timbres transdermiques et de gommes à mâcher dont la combinaison est recommandée dans un traitement d'une durée de trois mois.

Pour de nombreux experts, cette réponse, qui n'est ni un oui, ni un non, révèle en fin de compte beaucoup plus qu'elle ne le pense, l'efficacité des cigarettes électroniques.

// Rechercher