E-liquides, des inquiétudes sans fondement ?

C'est un sujet qui refait régulièrement son apparition depuis 2 ans, le liquide pour cigarette électronique présente-t-il un risque pour la santé. La question est de taille pour Gaiatrend et sa marque Alfaliquid qui propose une large gamme de "juice" (tabac blond, menthe glaciale, pomme cannelle, menthe fraiche, dragon oil...) aux fans de vape.

On peut légitimement se poser la question de savoir qui finance les études sur la toxicité du propylène glycol parfois mis en cause. Les fabricants de cigarettes qui proposent pourtant des produits hautement toxiques n'hésitent-ils pas à financer des scientifiques pour leur permettre de mettre en avant les effets nocifs du propylène glycol dans la composition des e-liquides ? Une pratique qui devient rare, car eux-mêmes se sont lancés sur le marché qui promet d'être juteux.

On trouve par exemple aujourd'hui Philip Morris avec la marque Green smoke, ou Imperial tobacco avec la marque Puritane. Ils restent toutefois cantonnés à la fabrication d'e-cigarettes, mais pas de liquides. Les arômes e-liquides quant à eux, sont moins sujets à controverse.

absorption de propylène glycol par un vapoteurUn vapoteur absorbe aussi du propylène glycol

Le propylène glycol sujet de toutes les attentions.

Pourtant, le propylène glycol parfois remis en cause dans sa consommation par les vapoteurs entre aujourd'hui dans la composition de nombreux ingrédients que nous consommons tous les jours. Regardez donc si les plats préparés et sauces que vous mangez ne contiennent pas l’émulsifiant E1520. À base de quoi est-il préparé d'après vous ?

Dans l'élevage, le propylène glycol est régulièrement administré aux vaches dont vous buvez le lait. N'oublions pas non-plus qu'il est utilisé comme source d'énergie par le corps humain une fois transformé par le foie en acide lactique. Vous en ingérez aussi probablement quotidiennement en vous lavant les dents, car il fait partie de la composition des dentifrices. On en trouve aussi dans les mousses à raser.

Du Propylene Glycol dans les mousses à raserDu Propylene Glycol dans les mousses à raser (source: Dow Chemical)

Les risques à l’inhalation n'ont jamais été démontrés par ailleurs.

Les risques parfois mis en avant ne font donc pas craindre de renversement du marché des e-liquides du fait de l'utilisation du propylène glycol dont les effets toxiques sont reconnus comme faibles. On notera d’ailleurs que l'inhalation des vapeurs d'essence lorsque vous faites votre plein sont jugées elles aussi comme toxiques... Gaiatrend et sa marque Alfaliquid de eliquide ont donc sans doute de très beaux jours devant eux.

Une norme à définir pour les e-liquides et cigarettes électroniques

À ce jour, tous les scientifiques (et même le magazine 60 millions de consommateurs sommé de s'expliquer suite à l'un de ses articles) sont d'accord. Sur le fond, il est flagrant que la vape est moins nocive pour le corps humain que la consommation de véritables cigarettes (93 produits dangereux recencés dans une véritable cigarette). Reste qu’aucune norme n’est réellement définie à ce jour.

Alfaliquid et la normalisation

Difficile pour la petite entreprise française Gaiatrend (avec la marque Alfaliquid) d'agir sur la normalisation des produits du marché, elle s'y emploie pourtant ardemment. Si l'entreprise a tout de même réussi à obtenir la certification AFNOR « origine France Garantie (AFNOR cert. 68281). On reste loin d'une norme européenne concernant les e-liquides ou les cigarettes électroniques.

Depuis peu, une directive européenne ("TPD") réglemente les dispositifs d'administration (les e-cigarettes) et les e-liquides. En résumé, les dispositifs qui diffusent la nicotine et le propylène glycol ou la glycérine ainsi que les arômes devront posséder un mécanisme empêchant l'ouverture par les enfants.

Concernant les e-liquides, un millilitre ne devra pas contenir plus de 20mg de nicotine (une quantité sujette à débat pour les gros fumeurs qui souhaiteraient passer à l'e-cigarette).

Des limitations diverses et variées ont également été introduites concernant les capacités maximales des flacons et des clearomiseurs, et la mise sur le marché de nouveaux produits qui devront être déclarés 6 mois à l'avance (sic). Elles sont décriées par les vapoteurs.

Peu d'avancées sérieuses donc à ce jour (à part des limitations sujettes à controverse), si ce n'est que l'Europe exige de la commission européenne un rapport sur les risques potentiels de l'utilisation de la cigarette électronique sur la santé publique pour mai 2016.